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Un planning de garde adapté à l’age de l’enfant

Lors d’une séparation, le choix du mode de garde et le planning de garde sont sans aucun doute les décisions les plus difficiles à prendre. La vie de l’adulte, du parent et de l’enfant s’en retrouve totalement chamboulée. Si la situation est très conflictuelle, cette décision est alors prise par le juge des affaires familiales. Ce choix, même si non définitif, a un impact direct sur la vie quotidienne de votre enfant et sur la vôtre. Afin de s’assurer du bien être de votre enfant, il faut tenir compte de plusieurs critères et notamment celui de son âge. Car nous le savons tous, les besoins d’un enfant évoluent au fur et à mesure qu’il grandit.

Basées sur des recommandations d’experts et de psychologues, je vous présente dans la suite de cet article, quelques pistes pour vous aider à choisir le planning de garde le plus adapté en fonction de l’âge de l’enfant. Tout ceci doit bien entendu être adapté à votre famille, à vos rythmes de vie, à vos contraintes ! Et soulignons que chaque enfant est unique et chaque parent a ses propres contraintes à gérer.

Les 2 principaux types de planning de garde

La garde exclusive avec droit de visite et d’hébergement

Ce mode de garde a (trop) longtemps été l’unique option, et il est encore le plus fréquent. L’enfant vit chez l’un de ses parents, il s’agit de sa résidence principale. Il séjourne chez le co-parent un weekend sur deux et la moitié des vacances scolaires. Parfois et de plus en plus d’ailleurs, une soirée est ajoutée en milieu de semaine comme le mardi soir ou le mercredi soir.

La garde alternée

La garde alternée a vu le jour grâce à une loi datant de 2002. Dans le cas d’une garde alternée, l’enfant passe grosso modo 50% du temps avec chaque parent. Parfois, 60-40%. De nombreux calendriers sont envisageables : le planning de garde une semaine sur deux, le calendrier 2-2-3 ou 2-2-5-5 ou encore 3-4-4-3. Je vous prépare un article plus détaillé sur ce sujet.

« Il s’agirait (…) d’en offrir la possibilité à toute « forme de coparentalité prête à assumer l’intelligence relationnelle et l’empathie à l’égard des enfants »

Frédéric Jésu, pédopsychiatre

L’importance de l’âge de l’enfant

Des changements de planning peuvent être envisagés en raison d’un changement de domicile ou d’un changement de travail par exemple. Cependant, le critère de l’âge de l’enfant est un point essentiel à considérer lors de la décision du mode de garde. En effet, les besoins d’un enfant évoluent au fur et à mesure qu’il grandit. Un petit a besoin de beaucoup d’attention, de repères stables, d’une vie calme et de routines. Un jeune enfant a envie de voir ses copains et de faire des activités. Un ado veut plus de libertés.

Certains types de garde seraient donc ainsi plus adaptés que d’autres en fonction de l’âge de l’enfant.

La garde alternée : à partir de quel âge ?

La loi française ne prévoit pas d’âge minimum pour la garde alternée. Donc, en théorie, dès les premiers jours d’un bébé, il pourrait passer la moitié du temps chez chacun de ses parents. Cependant, la garde alternée à temps égal et avant 3 ans peut porter à polémique, y compris au sein des psychologues et pédopsychiatres. En effet, même si tous s’accordent implacablement sur la nécessité de la présence des deux parents, une partie des psychologues déconseillent généralement la mise en place de ce type de planning pour un bébé, et parfois même avant 3 ans (en parlant de la garde alternée 50-50).

Il déconseille « avant 3 ans, même quand les parents sont d’accord. Car les tout-petits ont besoin de continuité avec un lieu de référence et une figure principale d’attachement. Le père peut d’ailleurs tout à fait former cette figure, même s’il me semble que les femmes restent un peu plus disponibles pour les enfants que les hommes. Ensuite, le passage à la parité doit se faire progressivement, au fil du temps. »

Bernard Golse, chef du service de pédopsychiatrie à l’hôpital Necker, Paris

Dans les faits, aucune étude scientifique n’a comparé le développement et le bien-être des tout-petits élevés par un parent dans un domicile unique et élevés dans deux maisons, sans considération du temps entre chaque parent.

Selon la personnalité de l’enfant, les psychologues suggèrent d’attendre l’âge de un an, voire de trois ans pour envisager une garde alternée progressive dans laquelle le petit alterne entre deux domiciles.

L’un des avantages d’un tel choix est que le bébé sera ainsi habitué dès son plus jeune âge à être régulièrement séparé de chacun de ses parents. Cette habitude peut être plus difficile à prendre pour un enfant plus âgé.

Des solutions de garde adaptées à l’âge de l’enfant

De 0 à 1 an

Dès les premiers mois du bébé, il est important qu’il tisse des liens avec ses deux parents. La garde exclusive étant la plus fréquente à cet âge, quels sont les alternatives à mettre en place pour le co-parent ?

La majorité des experts déconseillent de faire changer un bébé de maison régulièrement. Un point de vue partagé par Nicole Prieur, thérapeute pour enfants et adolescents. A cet âge, et jusque 2 à 3 ans, les séparations répétées engendrent une forte angoisse chez l’enfant. « La représentation de sa propre permanence et de celle du monde qui l’entoure n’est pas assez solide. Les séparations répétées, alors qu’il ne se repère pas dans le temps, engendrent chez lui une forte angoisse existentielle. Il n’est pas sûr que le parent qui disparaît continue d’exister, ni de continuer à exister à ses yeux. »

On fixe généralement la résidence du bébé chez la maman, sans pour autant être systématique. Retenons également que le bébé n’a aucune notion de temps. Une semaine sans l’un de ses parents peut lui sembler une éternité. C’est pourquoi la meilleure alternative pour le papa est d’organiser un droit de visite le plus large possible, plusieurs fois par semaine. Par exemple, faire la sortie de crèche, être présent au moment du bain et du repas, sortir en promenade… Cela implique évidemment que les co-parents soient dans une démarche positive et constructive car ils se croiseront très fréquemment.

De 1 à 3 ans

En grandissant, l’enfant développe ses capacités d’adaptation : la crèche, la nounou, les grands-parents, les vacances. Mais il connaît également un développement émotionnel important. Cela signifie qu’il devient beaucoup plus conscient de son environnement et de ses émotions. Il peut commencer à ressentir de la peur, de l’empathie, de la gêne et de la culpabilité. Pendant cette période, il est important qu’il bénéficie de la sécurité et de la stabilité de ses deux parents.

Pour cette raison, il est essentiel d’avoir un emploi du temps cohérent tout au long de la petite enfance. Par exemple, il est extrêmement important de savoir quand il verra chacun de ses parents, même si vous n’avez pas de planning fixe. Evitez que votre enfant ne passe de longues périodes non planifiées sans voir l’un de ses parents. Vous devez également communiquer soigneusement avec vos enfants sur tout changement bien à l’avance. Cela renforcera leur sentiment de sécurité.

Un planning de garde alternée progressif est envisageable en commençant par une nuit de temps en temps. Lorsque vous sentez votre enfant prêt, prévoyez un weekend chez le co-parent. L’objectif pour le co-parent sera de respecter au maximum les habitudes de vie de l’enfant. Son rythme, ses routines et surtout ses doudous !

Si tout se passe bien, que votre enfant est serein et notamment s’il demande à faire d’autres weekends chez le co-parent, il est maintenant envisageable de passer à un planning de garde type 2-2-3, 2-2-5-5 ou 3-4-4-3. Ces plannings supposent une séparation plus courte qu’une semaine complète et sont généralement privilégiés.

Les difficultés de ces types de planning sont notamment liées au changement régulier de domicile. Il est important de garder une distance très raisonnable entre les maisons, le lieu de garde dans la journée et les activités de l’enfant. D’autre part, en harmonisant au maximum les styles de vie entre les deux maisons, l’enfant retrouvera plus facilement ses repères.

De 4 à 10 ans

Passé la toute petite enfance, les pédopsychiatres et psychologues s’accordent davantage. Les polémiques sur les dangers éventuels de la garde alternée s’effacent. Car après 3 ans, l’enfant s’adapte généralement plus facilement aux environnements dans lesquels il séjourne. Il a également plus de facilité à s’exprimer et commence à avoir quelques notions de temps. La parité peut être envisagée, à condition qu’elle soit progressive.

« Jusqu’à 4 ou 5 ans, passer une semaine sans voir l’autre parent peut paraître long. » Sauf dans les rapports très conflictuels entre ex-conjoints. Dans ce cas-là, il vaut mieux adopter le rythme une semaine-une semaine. Cela les protège de la violence du lien père-mère et leur donne sept jours pour se reconstituer tout en évitant de les faire assister trop fréquemment à des passages de relais explosifs ».

Sylviane Giampino, psychologue de l’enfance, psychanalyste, Présidente du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge.

Il est important de continuer d’observer son enfant. Comment gère-t-il les séparations fréquentes? A-t-il le temps de prendre ses marques ? Si vous sentez que les changements fréquents de maison sont trop difficiles, tentez d’opter pour une semaine / une semaine.

Il n’est pas rare de devoir aménager le planning de garde alternée plusieurs fois au cours de la vie du jeune enfant. Je dirais même que c’est indispensable pour répondre aux besoins et au bien être de l’enfant. Il est tout de même important de garder suffisamment de temps un même planning pour en observer les résultats, les bénéfices ou les difficultés rencontrés.


A partir de 10 ans

Il est constaté que pour les enfants plus âgés et les ados, les changements trop fréquents ne leur conviennent plus ou pas. Un calendrier de type une semaine sur deux ou tous les quinze jours est généralement mis en place.

« D’un rythme inférieur à une semaine chez les petits, on passe à une semaine vers 10 ans, puis à deux semaines chez les ados. » Selon lui, les parents y ont beaucoup gagné, car ils se sentent « beaucoup plus disponibles pour leur enfant » que dans une prise en charge 24/24.

Gérard Neyrand, sociologue

Il arrive également que l’ado décide et demande d’aller vivre chez un des parents. L’enfant aura bien souvent beaucoup de difficultés à exprimer son souhait par peur de blesser ses parents. Même si nous imaginons la difficulté que cela peut être pour le co-parent, il est important de vraiment prendre en compte sa demande. L’adolescence est une période difficile, surchargés de grands chamboulements. Il n’est pas toujours simple pour un parent de déceler les raisons d’un mal être. Il ne faut pas hésiter à lui proposer d’aller parler à un psychologue pour l’aider à s’exprimer et à éclaircir ses besoins.

Comment faire le bon choix d’un planning de garde ?

Je dirais qu’il est essentiel de rester à l’écoute de son enfant et je vais vous raconter un petit peu mieux notre parcours. Nous nous sommes séparés lorsque Little B avait 1 an. Nous avons commencé par une alternance de 2 à 3 jours. Le planning n’était pas figé. Nous nous adaptions en fonction des contraintes professionnelles tout en gardant à l’esprit un temps relativement équivalent avec chaque parent.

A ses 4 ans environ, nous sommes passés à une semaine / une semaine. Nous pensions qu’elle avait besoin de davantage de stabilité sur une période un petit peu plus longue. Quelques mois plus tard, en discutant avec Little B, je m’aperçois qu’une semaine, c’est encore très long pour elle. 7 dodos c’est beaucoup, maman ! Nous en avons donc discuté avec son papa et nous avons envisagé le planning 2-2-5-5. Nous l’avons présenté à Little B en lui expliquant que dans ce planning, elle pouvait retenir :

  • Lundi et mardi chez maman
  • Mercredi et jeudi chez papa
  • Un weekend sur deux
  • Max 5 dodos sans voir l’autre parent

Je lui avais préparé un planning sur un support magnétique pour qu’elle place des étoiles rouges (maman) et bleues (papa) pour visualiser davantage et pour vérifier que c’était bien 5 dodos max ! A bientôt 6 ans, nous avons toujours ce planning. De temps en temps, je lui demande si ce planning lui convient ou si elle souhaiterait faire une semaine / une semaine. Pour le moment, non, on reste comme ça ! Ce planning est très important pour elle. Elle a complètement ancré les jours maman et les jours papa dans son esprit. Lorsque parfois nous avons des changements de planning, nous nous en excusons car nous savons que c’est perturbant pour elle. Elle nous rappelle bien que le lundi c’est maman, le jeudi c’est papa 🙂

Pour terminer cet article qui je l’espère vous apportera quelques éléments dans vos discussions de garde, je vous oriente vers cet article : 7 livres pour aborder la séparation des parents

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Un Commentaire

  1. Je suppose effectivement que c’est loin d’être simple de préparer un planning! Trop petit, l’enfant a du mal à exprimer ce dont il a besoin, plus grand, il n’ose parfois pas le dire…et pourtant il faut être à leur écoute! Mais je vois que vous avez su gérer ça parfaitement! Un grand bravo!

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